Le bambou au Canada, une alternative vraiment écologique ?

Saviez-vous que le bambou appartient à la même famille végétale que le maïs, le blé et même le gazon? Eh bien oui! Même si l’on compare souvent le bambou à un arbre, il fait partie de la grande famille des graminées (poacées). Plus précisément, le bambou est la plus grande herbe du globe, il peut mesurer jusqu’à 30 centimètres de diamètre et 30 mètres de haut !

On entend souvent parler du bambou et de son utilisation en Amérique du Nord, même si nous n’avons pas de culture productive sur le continent. Et pour cause, décoration, tuteur de tomate, plancher ou encore outils de cuisine, l’utilisation du bambou est multiple, alors même que nous sommes à des milliers de kilomètres de l’origine de la ressource. Dès lors, une question se pose : est-ce écologique d’utiliser le bambou par chez nous?

Les côtés positifs du bambou au Canada

On ne parle pas autant du bambou pour rien, il excelle dans beaucoup de domaines.

La maturation et l’exploitation du bambou

Contrairement à la plupart des arbres québécois, le bambou atteint habituellement sa pleine taille en quelques mois, et il arrive à maturité en seulement quelques années (environ 5 ans, selon l’espèce). Ainsi, le renouvellement de la ressource est très rapide, contrairement aux arbres des régions tempérées qui prennent des décennies pour se développer.

Par ailleurs, le bambou est vert à l’année (il n’est pas en dormance pendant la période hivernale), ce qui implique qu’il synthétise une quantité considérable de matières organiques, grâce au processus de la photosynthèse. À volume égal, le bambou absorbe jusqu’à 5 fois plus de CO2 (gaz à effet de serre) qu’un arbre, tout en produisant 30 à 35 % plus d’oxygène!

Ainsi, les bambouseraies (forêt de bambous) permettent un bien plus grand stockage du carbone que les forêts de feuillus et de conifères canadiennes.[1]  La séquestration du carbone et la production énergétique (si le bambou est brulé dans une centrale électrique de biomasse) dépassent les émissions engendrées par la production et le transport. Bien entendu, il faut considérer que l’impact carbone du transport varie selon le kilométrage que fait cette graminée géante.

La transformation du bambou

Le bambou est un matériau plus solide que bon nombre d’essences de bois. Sa dureté s’explique par le taux élevé de silice qu’il renferme dans son chaume (son « tronc »). Même si les essences de bambous ne sont pas toutes autant robustes. Le bambou est également très flexible et léger.

Sa robustesse, sa flexibilité et son poids léger font du bambou un matériau de choix pour la construction et la rénovation. Notamment dans les zones à risques sismique et cyclonique où il est particulièrement recommandé pour sa polyvalence. Il est d’ailleurs fréquent de voir des échafaudages en bambou autour des gratte-ciels dans de grandes villes d’Asie, comme Hong Kong.

Autres aspects positifs

Le bambou est une plante qui gagne à être davantage connue. En plus des qualités énoncées précédemment, le bambou limite l’érosion des sols et il participe à la restauration des sols appauvris. C’est une plante facile à cultiver, qui ne demande ni engrais ni autres produits phytosanitaires et qui n’a pas besoin de beaucoup d’eau (ce qui en fait une bonne alliée  pour aider à combattre la désertification). Enfin, le bambou a des propriétés antibactériennes et il est riche en nutriments (potassium, silicium, vitamines A, fibres, etc.). Eh oui, les jeunes pousses de bambou sont comestibles pour nous aussi!

La facette négative du bambou au Canada

Bien entendu, la culture du bambou n’a pas que de bons côtés.

La maturation et l’exploitation du bambou

L’aspect de loin le plus négatif du bambou est son exploitation intensive loin d’être toujours écologique. La monoculture du bambou a pour effet d’épuiser les sols et de favoriser les maladies et les invasions de ravageurs. Qui plus est, le bambou a tendance à envahir les peuplements forestiers environnants et à perturber les écosystèmes. L’exploitation commerciale du bambou nuit aux populations de pandas géant, aux lémuriens et aux gorilles de montagne qui dépendent des jeunes pousses de bambou dans leur diète et dans leur habitat. En outre, les coupes de bambou s’effectuent parfois avant la maturité des spécimens, ce qui donne un produit de mauvaise qualité.

La transformation du bambou

En construction, le bambou est souvent mélangé avec une quantité considérable de colle et d’autres produits pas tout le temps respectueux de l’environnement. En outre, à cause du transport, il faut mentionner que l’impact carbone du bambou au Canada est plus élevé qu’en Asie, d’où provient la majorité de la ressource.

À travers un procédé ressemblant à la fabrication de la pâte de papier, le bambou peut faire un excellent textile écologique. Cependant, le procédé généralement utilisé pour fabriquer la fibre de bambou est soumis à un traitement chimique très polluant. Il est possible de confectionner un textile de bambou écologique, mais le procédé est encore assez coûteux et peu commun.

Alors, est-ce que le bambou est une ressource écologique par chez nous?

Oui… mais.

Le bambou est sans conteste une herbe polyvalente qui mérite d’avoir sa place dans les maisons canadiennes. D’un point de vue des gaz à effet de serre, les produits en bambou sont assez efficients. Une myriade d’aspects positifs font également en sorte qu’il apparaît cohérent de promouvoir le bambou, et ce, même au Canada. Cela dit, l’exploitation et l’utilisation que nous en faisons actuellement doivent être perfectionnées. C’est une ressource très renouvelable qui, si elle est bien exploitée, représente une alternative intéressante au bois, au coton, au plastique et même au métal!

Vous souhaitez laisser plus de place au bambou chez vous?

-Essayer de prioriser le bambou issu de bambouseraies géré de façon responsable avec la certification FSC®.

Sources

Le bambou, une réelle solution contre les gaz à effet de serre. En ligne. https://www.cobratex.com/le-bambou-une-reelle-solution-contre-les-gaz-a-effet-de-serre/, consulté le 28 août 2019.

Les effets de la déforestation sur les réserves de bambous. En ligne. https://www.mediaterre.org/international/actu,20040517140529.html, consulté le 28 août 2019.

Le bambou dans la construction : les avantages et les inconvénients. En ligne. https://www.domofinance.com/actualites/materiaux/le-bambou-dans-la-construction-les-avantages-et-les-inconvenients, consulté le 28 août 2019.

La culture des bambous. En ligne. http://m.espacepourlavie.ca/faq/la-culture-des-bambous, consulté le 28 août 2019.

Le bambou, matériau millénaire… et écologique?. En ligne. https://www.consoglobe.com/bambou-ecolo-jusqu-bout-4569-cg/3, consulté le 28 août 2019.

Les textiles de bambou : la controverse. En ligne. https://fr.eco-loco.ca/blogs/news/parlons-textiles-de-bambou, consulté le 11 septembre 2019.

Notre engagement environnemental. En ligne. https://bamboo-design.ca/a-propos/engagement-environnemental/, consulté le 25 septembre 2019.

Plancher de bambou pour la salle de bain : avantages et inconvénients. En ligne. https://www.lartisanduplancher.com/plancher-de-bambou-salle-de-bains-avantages-inconvenients/, consulté le 28 août 2019.

SDG 13 : climate change. En ligne. https://www.inbar.int/programmes/sdg13-climate-change/#2, consulté le 11 septembre 2019.

SDG 11 : sustainable cities & communities. En ligne. https://www.inbar.int/programmes/sdg11-sustainable-cities/#2, consulté le 11 septembre 2019.

The environmental impact of industrial bamboo products : life-cycle assessment and carbon sequestration. En ligne. https://resource.inbar.int/upload/file/1489455911.pdf, consulté le 11 septembre 2019.


[1] Une analyse de cycle de vie (ACV) selon les normes ISO 14040 et 14044, réalisé par l’Organisation internationale sur le bambou et le rotin (INBAR) a effectivement conclu que « si les paramètres sont optimisés, les produits industriels en bambou peuvent avoir une empreinte carbone négative tout au long de leur cycle de vie (du berceau au tombeau) »

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